révèle ce qui rend nos objets possibles : les matières, les territoires, les savoir-faire, les infrastructures, les humains et les écosystèmes qui les soutiennent. Elle permet ainsi de concevoir et de produire sans épuiser, de redéfinir ce que nous choisissons de valoriser dans l’innovation, et d’éclairer les décisions politiques en pleine connaissance des interdépendances.
Née du design comme outil de médiation, cette approche est aujourd’hui reconnue dans des programmes nationaux de recherche et mobilisée dans des contextes industriels, culturels et politiques.
La matériologie profonde
La matériologie profonde est née d’expérimentations menées dès 2010, dans des régions marquées par des frontières et des tensions territoriales, notamment au Moyen-Orient et dans l’Himalaya.
Ces premiers projets exploraient le potentiel du design comme outil de médiation entre des communautés, des territoires et des cultures.
Entre 2016 et 2020, cette approche s’est structurée dans le cadre d’une recherche doctorale menée par Emmanuel Ducourneau en collaboration avec la maison Hermès. L’enjeu n’était plus seulement de concevoir des objets comme outils de médiation, mais de faire apparaître le potentiel de médiation déjà présent dans les objets existants, en montrant ce qui les rend possibles : matières, infrastructures, territoires, savoir-faire, humains et écosystèmes.
Pour rendre cette complexité visible et analysable, une méthode spécifique de cartographie, appelée “onto-cartographie”, a été développée.
Elle permet de comprendre :
comment les objets sont conçus, fabriqués et diffusés ;
d’où proviennent les matières qui les composent ;
dans quels contextes techniques, sociaux, culturels, écologiques et politiques prennent place leurs transformations ;
et quelles interdépendances matérielles, industrielles et géopolitiques ils génèrent.
Cette visualisation ouvre la voie à de nouvelles manières de concevoir et de produire, en identifiant des critères de valeur adaptés à une époque où les indicateurs traditionnels ne suffisent plus - et peuvent même devenir nuisibles pour la vie terrestre - et en favorisant de nouvelles formes de médiation et de diplomatie entre les acteurs impliqués dans l’existence des objets.
Origines
Du design à la cartographie
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La matériologie profonde est née d’expérimentations menées dès 2010, dans des régions marquées par des frontières et des tensions territoriales, notamment au Moyen-Orient et dans l’Himalaya.
Ces premiers projets exploraient le potentiel du design comme outil de médiation entre des communautés, des territoires et des cultures.Entre 2016 et 2020, cette approche s’est structurée dans le cadre d’une recherche doctorale menée par Emmanuel Ducourneau en collaboration avec la maison Hermès. L’enjeu n’était plus seulement de concevoir des objets comme outils de médiation, mais de faire apparaître le potentiel de médiation déjà présent dans les objets existants, en montrant ce qui les rend possibles : matières, infrastructures, territoires, savoir-faire, humains et écosystèmes.
Développement
De la cartographie à la matériologie profonde
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Pour rendre cette complexité visible et analysable, une méthode spécifique de cartographie, appelée « onto-cartographie », a été développée.
Elle permet de comprendre :
comment les objets sont conçus, fabriqués et diffusés ;
d’où proviennent les matières qui les composent ;
dans quels contextes techniques, sociaux, culturels, écologiques et politiques prennent place leurs transformations ;
et quelles interdépendances matérielles, industrielles et géopolitiques ils génèrent.
Cette visualisation ouvre la voie à de nouvelles manières de concevoir et de produire, en identifiant des critères de valeur adaptés à une époque où les indicateurs traditionnels ne suffisent plus - et peuvent même devenir nuisibles pour la vie terrestre - et en favorisant de nouvelles formes de médiation et de diplomatie entre les acteurs impliqués dans l’existence des objets.
Déploiement
Vers une diplomatie matérielle
Depuis, la matériologie profonde a été appliquée à d’autres domaines - objets culturels, événements historiques et technologies - avant d’être formalisée comme une approche autonome en 2024, à l’issue d’un spring camp organisé par Emmanuel Ducourneau, Emmanuel Grimaud et Yann-Philippe Tastevin.
Elle est aujourd’hui intégrée à un programme national de recherche en robotique (PEPR O2R, France 2030), où elle contribue à la conception de systèmes techniques plus sobres, plus robustes et mieux adaptés aux enjeux écologiques et géopolitiques contemporains.
